La Sardaigne n’est pas qu’une terre de plages, de bonne gastronomie et de vacances de luxe, c’est aussi une terre d’artistes de premier ordre. Et je ne parle pas de chanteurs issus de X-factor, mais de noms aussi connus que Grazia Deledda, Antonio Gramsci, Giuseppe Dessì, Paolo Fresu ou Maria Lai.
Et même certains grands noms de la littérature Française sont d’ailleurs venus puiser leur inspiration sur l’ile, comme Alphonse de Lamartine, Gustave Jourdan et Honoré de Balzac.
Mais aujourd’hui découvrons ensemble Costantino Nivola, l’un des artistes contemporains de Sardaigne les plus reconnus au monde.
Né à Orani (près de Gavoi) en 1911 au sein d’une famille pauvre de 12 personnes, Costantino Nivola devient, en 1926, apprenti du peintre Mario Delitala afin de l’aider dans ses travaux de décoration de l’Aula Magna de l’Université de Sassari. Ce travail important fut aussi la cause de son premier mal-être, dû à l’éloignement d’avec sa famille.
Fin 1931, ayant prouvé ses aptitudes et ayant gagné une bourse du Conseil de l’Economie de Nuoro, il part sur le continent à Monza pour y fréquenter les cours de graphisme publicitaire de l’Institut Supérieur des Industries Artistiques (ISIA).
C’est au cours de cette période qu’il devint fort ami avec Giovanni Pintori et Salvatore Fancello, deux autres artistes sardes étudiant également à Monza.
Dans le même temps, grâce à la confrontation permanente avec des professeurs et artistes de haut niveau, mais aussi à sa proximité avec le milieu artistique milanais, il acquiert de solides bases théoriques et commence à porter un certain intérêt à ce qui deviendra par la suite son thème de prédilection: l’art appliqué à l’architecture.
En 1936, il devient graphiste pour l’Olivetti à Milan avant d’entamer une ascension rapide au sein de cette même entreprise: embauché dans le service Développement et Publicité, il rejoint vite l’équipe de réalisation des campagnes de publicité avant de devenir en 1937 le directeur artistique de la société.
Cependant, à cause de la montée du fascisme en Italie, il part bientôt à Paris avec sa jeune épouse Ruth, une jeune juive allemande, avant de partir en 1938 pour les États-Unis.
Ses premiers dessins et peintures américaines représentent New-York, reprenant la densité visuelle des peintures faites en Sardaigne qu’on lui connait. Son but était de se familiariser avec cette si grande ville où il se sentait encore étranger.
En 1948, il s’installe dans les East Hamptons et crée avec l’architecte Bernard Rudofsky une véritable maison œuvre d’art, composée de pièces à ciel ouvert, de murs tagués et d’un solarium de forme cubiste.
A partir des années 1950, Costantino Nivola revient à ses premières amours, la sculpture, avec la technique du sand-casting, une sorte de relief obtenu facilement: une forme est modelée en négatif dans le sable, sur laquelle on verse du plâtre (pour les plus petites sculptures) ou du ciment (pour les œuvres grandeur nature). En ajoutant des couleurs au ciment ou au plâtre, il obtenait même des sculptures colorées.
Ensuite, et reprenant l’hérédité anthropologique de la Sardaigne, il se dirigea vers la sculpture de sujets féminins, souvent identifiés comme Dame Nature (Dea Madre).
Grand artiste international jusqu’à sa mort en 1988, il fut également professeur d’arts visuels à Harvard (de 1973 à 1975) et à Berkeley (1978-1980).
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